Conseil d’administration

Laurent Aillet, président

Peut-on savoir depuis son enfance que l’Humanité dévore le capital en même temps que la rente que semblait nous offrir la Nature ? Peut-on se sentir en révolte contre cela et en conséquence engager ses études et toute sa vie professionnelle pour limiter de son mieux les excès de cet appétit ? Peut-on fonder une famille en observant tous les indicateurs passer du vert à l’orange puis de l’orange au rouge ? Donc peut-on savoir par l’étude des données des rapports officiels, la lecture attentive des essais des penseurs, le spectacle intéressé des médias et l’observation attentive des gens comme ils sont et ne pas croire que la fin de la croissance exponentielle dans un espace fini arrivera de notre temps malgré toutes les convergences constatées ? Lire la suite

Thomas Chatelard Beloeil

Ayant grandi dans un petit village de Haute-Savoie et ayant passé mon enfance dans les bois à construire des cabanes et observer la vie, je ressens une proximité incarnée avec le Vivant. Mon parcours a pris ensuite un virage qui a changé complètement mon regard sur le monde. Les treize dernières années m’ont permis de me rendre compte des réalités crues de systèmes effondrés: Libye, Congo, Afghanistan et d’autres… Au sein de la Croix Rouge Internationale (CICR), j’ai travaillé auprès des populations de ces pays et j’ai observé les résultats de la géopolitique mondiale et les impacts du changement climatique. J’ai pu observer aussi l’inertie des états, des organisations internationales. J’ai compris que sans une prise de conscience à tous les niveaux, notre futur ne laissera que peu de chance à nos enfants. Père d’une enfant de trois ans, j’ai à cœur de tout faire pour limiter les conséquences de ce qui vient…
Aujourd’hui, je quitte l’humanitaire pour faire de l’humain à une échelle plus petite en accompagnant des personnes qui souffrent de traumas et des ados en difficulté. Je retrouve dans Adrastia la croisée de mes chemins et je me sens porté par le mouvement de fond qui depuis plusieurs mois amène une nouvelle prise de conscience dans la population.

Pierre Eymery, secrétaire adjoint

Depuis l’enfance je vis entre champs et forêts. La destruction des milieux naturels au service des intérêts humains me préoccupe depuis le début des années 80, lorsque je suis entré dans l’âge adulte. Ma perception écologique, qui se veut pragmatique, non dogmatique, est nourrie par l’observation et enracinée dans l’humus. D’abord dessinateur en architecture, j’ai ensuite travaillé la terre durant une quinzaine d’années, scrutant au quotidien l’équilibre entre sol, eau et ciel. Pépiniériste, je faisais naître des arbres puis les aidais à grandir. Désormais je coordonne et organise une activité d’entretien de l’environnement, depuis dix ans, au sein d’une structure de l’économie sociale et solidaire assurant un travail à des personnes en difficulté. Je suis aussi conseiller municipal dans une commune rurale et, accessoirement, photographe de nature.

C’est en 2006 que j’ai vraiment pris conscience des menaces graves pesant sur le modèle de développement de la société occidentale. Au cours d’une conférence de J-M. Jancovici  j’ai senti, à la fois rationnellement, viscéralement et émotionnellement, que la conjugaison des changements climatiques et de la raréfaction des ressources pétrolières nous menait vers des horizons très incertains et particulièrement inquiétants. Une profonde secousse. Une nouvelle alerte aura lieu en 2014, en visionnant les propos sans concessions de Vincent Mignerot. Fin 2015, l’inéluctabilité du déclin à venir devient mon horizon.

Bien que non scientifique, j’ai sans doute hérité de la tournure d’esprit d’un père ingénieur. J’apprécie la rigueur des raisonnements, les arguments solides et étayés, les sources fiables. C’est pourquoi la démarche d’Adrastia m’a plu et que j’ai souhaité y contribuer. Par ailleurs attentif au registre de l’intériorité, la question des émotions et des ressentis personnels face à l’Effondrement (notions de perte et de deuil), m’intéresse tout particulièrement et fait partie des thèmes que je souhaite accompagner au sein de l’association.

Arthur Keller administration AdrastiaArthur Keller

Ingénieur, auteur, conférencier et explorateur de voies de résilience.

La multiplication inédite, depuis quelques années, d’études rigoureuses d’auteurs réputés qui concluent en la possibilité, voire en l’inéluctabilité, et souvent en l’imminence, d’un effondrement total ou partiel du système biosphère-anthroposphère, suffit à elle seule à faire entrer l’hypothèse de l’effondrement dans le champ des scénarios crédibles. Toute personne honnête, rationnelle, humble et rigoureusement documentée ne peut qu’admettre le caractère désormais plausible d’un grand dévissage général à court terme. Lire la suite

Joëlle Leconte, vice-présidente

Il me semble avoir eu une vie normale: des études, un travail qui m’intéressait, des enfants.

Je me souviens avoir pris conscience des problèmes écologiques en écoutant René Dumont lors de la campagne électorale de 1974, je ne votais pas encore mais son discours hors norme m’avait frappé. Il parlait de démographie, de déforestation, de l’agriculture… et de l’avenir de l’humanité. Et puis la vie a continué : les études, le travail, les décennies 80 et 90, explosion de la consommation de masse… mais j’ai voulu croire que les humains ne seraient pas assez fous pour détruire la planète. Lire la suite

Cathy Lemer

Coach et citoyenne engagée

Tournée depuis très très longtemps (depuis toujours?) vers l’humain, j’ai vécu pas mal «hors sol» dans la société.  Les conversations avec les fondateurs d’Adrastia en 2014 m’ont obligée à mettre les pieds sur terre et à voir l’humain comme partie intégrante d’un écosystème très large et en souffrance.

Je suis sensible non seulement aux risques d’effondrement dans leur globalité mais tout autant aux impacts que ces risques ont (dès maintenant) sur les êtres humains, les systèmes (familles, collectifs de travail, associations …) voire les entreprises.  Comment en tant qu’humain allons nous vivre le plus dignement possible cet effondrement ? Comment en tant qu’humain nous positionnons-nous le plus dignement possible dès maintenant quand nous sommes traversés par cette prise de conscience ?

Au quotidien, je tente depuis cette prise de conscience d’être chaque jour un peu plus alignée avec mes convictions.  Au-delà de l’allègement de ma consommation, de l’éducation de mes enfants dans cette direction et de ma réflexion quotidienne sur la manière de réduire mon impact négatif, je cherche à contribuer à la prise de conscience de l’imminence d’un effondrement.

Sur les questions climatiques, je suis animatrice de la Fresque du Climat et suis heureuse de partager ces connaissances (et la prise de conscience qui en résulte) avec le plus grand nombre. Sur les questions de l’effondrement et des stratégies pour y faire face collectivement dignement, c’est naturellement dans le cadre d’Adrastia que je m’implique avec cœur et détermination.

Xavier Malafosse, trésorier

D’abord, une enfance dans un environnement familial très sensible aux questions écologistes. Une brève excursion universitaire en physique, puis une errance plus conséquente en sciences humaines, avec en toile de fond un fort intérêt pour la relation entre Orient et Occident. Inutile de préciser que l’étude de l’histoire des guerres et de la géographie des risques n’incite guère à l’optimisme…

Vers la trentaine, las des graphiques et des notes infrapaginales, je me lance comme photoreporter pour aller renifler sur le terrain la réalité de concepts un peu trop abstraits pour l’homme blanc issu de la classe moyenne que je suis, et donc à ce titre triplement privilégié. C’est une chose que d’étudier l’effondrement d’un pays, c’en est une autre de le documenter sur place. Et naturellement, l’intuition que la civilisation thermo-industrielle est condamnée à plus ou moins brève échéance devient conviction. Il suffit de voir l’incidence d’une augmentation des cours du blé sur les émeutes de la faim, d’une sécheresse en Syrie sur ses perspectives d’avenir avant le Printemps arabe…

La prise de conscience se fait graduellement, par l’angle du pétrole et de l’énergie de manière générale d’abord, suite à des lectures, des rencontres et des reportages. Mais que dire du changement climatique, des ressources qui diminuent, de l’effondrement de la biodiversité, ou de la complexité de sociétés de plus en plus hors-sol, où l’on est tributaire de chaînes extrêmement fragiles pour l’approvisionnement en tout ?

Fin 2017, je croise Adrastia au hasard de recherches sur Internet. Une exigence de méthode scientifique, un manifeste, une déontologie, et des mots qui pour moi font sens, notamment ceux de responsabilité et de dignité face à la tempête qui s’annonce. Après quelques mois d’observation, j’ai décidé de m’engager un peu plus dans la vie de l’association.

Matthieu Massart

Un diplôme de grande école d’ingénieur en poche, j’ai eu une carrière de cadre supérieur, des expatriations… Puis vient en 2015 une prise de conscience brutale : non, faire ses courses à vélo au magasin bio et trier ses déchets ne suffit pas, l’humanité est engagée dans une impasse évolutive. Depuis, les questions d’effondrement ont pris une place croissante dans ma vie. Je fais de mon mieux au quotidien pour réduire mes dissonances cognitives dans mon mode de vie et je suis actif au sein du groupe local d’Adrastia à Grenoble, en organisant différentes manifestations : sensibilisation au dérèglement du climat, bilan carbone, conférences, accueil de nouveaux sympathisants, coordination avec des associations proches, etc.

Charlie Mathey, trésorier adjoint

Professeur de physique, geek, programmeur et brasseur amateur (tant qu’il y a encore des ordinateurs et du houblon).

En Bourgogne, je participe à un projet de résilience qui comporte deux volets. Le premier, à l’échelle d’un groupe d’amis, vise à acheter des maisons mitoyennes, un corps de ferme…, le remettre en état et y préparer notre logement et approvisionnement en vue d’une suite des évènements pas simple à gérer à l’échelle d’une personne seule. Dans le second, nous tentons d’appliquer la stratégie des villes en transitions autour de la communauté urbaine : nous en sommes à l’étape où nous initions les participants aux problèmes qui arrivent et préparons quelques premières actions générales.

La question qui me travaille sérieusement en ce moment : «Comment ne pas collectivement dériver dans la violence quand les conditions matérielles d’existence vont devenir plus tendues.»

Dominique Py, secrétaire

Enseignant-chercheur en informatique.

Mon intérêt pour l’écologie et les problèmes environnementaux m’a progressivement conduite à prendre conscience des risques d’effondrement de la société thermo-industrielle. Le travail d’information et de diffusion des connaissances mené par Adrastia m’a permis de mieux appréhender ces notions et c’est tout naturellement que j’ai rejoint l’association en 2016, afin d’y apporter ma contribution. Je m’intéresse en particulier à l’enseignement de cette problématique ainsi qu’à l’informatique de l’effondrement, un domaine de recherche récent en informatique appliquée.

Olivier Serre

Je suis un ancien conducteur de train retraité, retiré en Ardèche, en milieu rural mais pas en mode rural, occupé l’été par la gestion d’un grand gîte. J’ai une formation plutôt technique (bac mécanique + BTS mécanique/automatismes), j’ai fait mon service militaire en tant qu’élève officier de réserve dans l’armée de terre et mes centres d’intérêt sont très diversifiés. J’ai adhéré en 2017, sous la présidence de Vincent Mignerot. J’anime la page FB Adrastia, le groupe local Vallée du Rhône, le groupe satirique et hédoniste « Les pochtrons de l’Apocalypse », ce qui occupe bien mon temps libre quand je ne fauche pas, ne coupe pas du bois, ne répare pas quelque chose, ou ne joue pas de la musique en amateur.

Mais au final, peu importe mon parcours, d’où je viens ou qui je suis, je pourrais bien être un petit chiot labrador dans un refuge de la SPA. Le fait est que je sens peu à peu l’eau qui monte, une panique croissante, des courants contraires, de dangereuses bahines, des îlots de certitude rongés par les embruns, un air chaud et vicié qui s’épaissit, une tension nerveuse digne d’un câble du pont suspendu de Mirepoix-sur-Tarn au moment où le camion a franchi le tablier.

Je ressens le besoin de m’agripper à un truc solide, à des idées lucides et cohérentes, je recherche une vision limpide, forte et rationnelle qui soit la synthèse de mes sentiments et de mes intuitions. Et les hypothèses de Vincent Mignerot m’apportent ça. Un bloc de granit sur lequel on peut tenir en équilibre un petit moment.

Si j’ai voulu faire partie du CA de l’association qu’il a fondée, pour la même raison qui m’a poussé à contribuer activement à la page Facebook de l’association et au groupe Transition 2030, c’est pour faire savoir que ce «bloc» existe, aider à faire comprendre pourquoi il est solide, et travailler avec tous pour élargir encore sa base, pour peut-être un jour arriver à en faire une Île…