Jean-Pierre Dieterlen

J-Pierre Dieterlen adrastia

Je suis photographe depuis une trentaine d’années et ce métier m’a toujours passionné,  j’ai eu cette chance  de vivre de ce qui me plaisait.

Mon activité déclinant malgré tous mes efforts pour la relancer me laisse plus de temps, ce qui m’a permis depuis 1 an maintenant de me concentrer sur les grandes problématiques qui font régulièrement l’actualité comme le changement climatique, les désastres écologiques, les crises financières, la croissance atone, le chômage, la déplétion des ressources, et la transition énergétique et écologique.

L’époque que nous vivons, si elle est angoissante, est aussi passionnante pour peu que nous ayons un système de lecture, un paradigme qui nous permette de décoder les événements et les signes avant-coureurs du déclin de l’humanité.

Par ailleurs j’ai toujours été passionné par la physique et j’ai lu de nombreux ouvrages de vulgarisation sur la relativité restreinte et générale ainsi que sur la mécanique quantique, l’astrophysique, ou encore la cosmologie. Mais je dois avoué que je ne m’étais jamais intéressé à la thermodynamique, que l’on appelle aussi la mécanique statistique. Je découvre aujourd’hui comment celle-ci commande avec ces principes fondamentaux l’avenir des systèmes quels qu’ils soient. Machines à vapeur et à combustion interne, structures et infrastructures  comme les ponts et les réseaux électriques, populations végétales et animales, sociétés de chasseurs cueilleurs  jusqu’aux sociétés complexes que sont les nôtres sont toutes régies par les lois de la thermodynamique.

Je réalise aussi à quel point elle est encore largement ignorée par nos contemporains et rarement évoqué dans les débats politiques, économique, philosophique ou, religieux alors que les autres branches de la physique et de la science en générale le sont, parfois en faisant de grossier contre sens ou pour des arguments spécieux.

Je définirais en très peu de mots la thermodynamique comme la discipline de la physique qui s’occupe du fil rouge qu’est l’énergie et de son corollaire l’entropie, l’énergie est constante dans un univers en perpétuel évolution et l’entropie ne peut que croître. Elle nous donne les bornes de ce qu’il est possible de faire si nous ne voulons pas atteindre les limites du système terrestre.

Aujourd’hui nous avons largement dépassé ces bornes, la question n’est donc plus de savoir si l’humanité va s’effondrer mais comment elle va s’effondrer. Il n’y a pas de jugement dans cette sentence, juste un constat qui s’applique à toute espèce animale ou végétale, quand l’une d’entre elles se retrouve sans concurrence et sans prédateur alors elle finit invariablement par épuiser son environnement ce qui la mène à sa propre perte, ceci s’applique aussi à l’humanité. A chacun de faire sa propre introspection et de prendre conscience des lois cachées mais pas inconnaissables qui nous gouvernent quand nous n’y prêtons pas attention.

C’est pour cette question que je fais parti d’Adrastia, mais aussi parce-que la biologie et la zoologie nous ont montré qu’il y a 2 types de comportement chez les espèces chacun mieux adapté a 2 environnements différents: abondance et rareté, le comportement de compétition et d’individualisme est adapté à l’abondance, la coopération et la cohésion de groupe à celui de la rareté. L’humanité va passer, aussi pour les plus pauvres même si le différentiel est moins grand, de l’abondance à la rareté il est donc urgent de changer de comportement si nous voulons avoir une petite chance de survie.

Certains peuples, dit  “primitifs”, vivaient en harmonie et en équilibre avec la nature, ils en recueillaient les fruits mais en acceptaient les limites et les contraintes. Ils étaient les thermodynamiciens parfaits, tout en ignorant ses règles ils en avaient l’intuition. Seulement voilà, la compétition entre les peuples et les nations a démarré il y a longtemps et pour gagner cette course, où il n’y a pas de vainqueur, les armes de la complexité n’ont cessé de se perfectionner et finiront par tout emporter ne laissant qu’un champs de ruine.

Si la thermodynamique est la théorie qui détermine l’évolution et son issue alors pour la faire mentir le plus longtemps possible nous devons la respecter à la lettre. C’est un beau et terrible défi qui devrait nous fédérer et nous motiver.