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– Actualités –

 

Édito de Mai 2016 en lien avec l’actualité en France : 40 litres de pétrole = 4 ans de travail

 
 

Conférence Adrastia : Construire un déclin – visible en ligne :

adrastia conférence construire un déclin mignerot

 

Juin 2015 : Dominique Bourg, Professeur à l’Université de Lausanne, parrain de l’association.

N’hésitez pas à nous faire parvenir vos projets de groupe local pour l’association Adrastia via le formulaire de contact. Le bulletin d’adhésion est en ligne.

 


 

Adrastia vient du grec ancien Adrasteia : « auquel on ne peut échapper »

Adrastée est la nymphe protectrice de Zeus enfant contre le malfaisant Cronos.

 

L’Egypte des pharaons, l’Empire romain, les Khmers de la cité d’Angkor… alors qu’elles se pensaient éternelles, certaines des plus grandes civilisations ont disparu, non pas parce qu’elles avaient perdu leur dernière guerre, mais simplement parce que leur économie avait dépassé les capacités de leur environnement à en supporter les exigences, ou que cet environnement avait trop soudainement changé (climat, déforestation… lire cet article).

Si les périodes de déclin humain ne se sont produites autrefois que localement, ponctuellement, toutes les populations sont aujourd’hui confrontées aux limites de leur adaptabilité. Dans une économie mondialisée et sur une planète isolée elles participent toutes à la surexploitation des ressources et aucune n’est épargnée par les effets du réchauffement climatique.

Selon les modèles et les données auxquels le Comité Adrastia se réfère1, au cours de la décennie 2020 même les humains les plus riches ou puissants verront leur niveau de confort et de sécurité baisser. Le déclin qui semble déjà engagé aujourd’hui pour certains pourra alors devenir global.

 

Le Comité Adrastia a pour objectif d’anticiper et préparer ce déclin de façon honnête, responsable et digne.

 

Le manifeste

La déontologie

Rejoindre Adrastia

 

Les principales missions d’Adrastia :

 

Relayer l’information2 sur le déclin de nos sociétés afin d’éviter autant que possible la surprise, la stupeur et l’angoisse, qui pourraient avoir pour conséquences des prises de décisions contre-productives, le repli individualiste et un immaîtrisable chaos.

Solliciter les organes de décision et de pouvoir : il ne semble pas exister de solution pour contourner une rupture structurelle et systémique de nos sociétés. L’évitement des modes d’adaptation contre-productifs et la mise en place progressive et pérenne d’un processus de gestion de crise doivent être envisagés par les instituts de recherche, les industriels, l’Education Nationale, les collectifs d’experts, l’armée, l’Ordre des médecins, les élus locaux, les ministères… en collaboration avec les populations.

 

Les moyens d’Adrastia :

 

Observatoire : recueil des données, suivi des évènements.

Groupes de travail : détection et dénonciation des obscurantismes, penser et dire la négativité (la déplétion des ressources, la réduction du confort, la compression du marché du travail, la déréliction).

 

1 – Modèles et données confrontés aux mesures sur le réel, qui décrivent le monde tel qu’il est, non tel qu’il serait espéré qu’il soit.

 

2 – Lire la déontologie du comité.

 

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Édito Adrastia : 40 litres de pétrole = 4 ans de travail

Réduction des budgets de la culture*, de la recherche, loi travail, confrontations violentes entre les forces de l’ordre et la population, blocage des raffineries… comment lier et comprendre ces problématiques ?

 

Si nos sociétés semblent manquer désormais de perspectives, de projets politiques, économiques, sociaux, si elles paraissent même être de plus en plus instables, il faut nous questionner sur l’influence d’une des principales sources de puissance de nos sociétés : l’énergie, et en particulier le pétrole, la ressource la plus performante historiquement et la plus souple d’utilisation.

Selon les experts auxquels Adrastia se réfère, nous vivons aujourd’hui la rencontre de deux facteurs limitant le maintien du statu quo économique, sans parler même encore de développement : d’une part le Taux de Retour Énergétique baisse structurellement, puisque le pétrole est chaque jour qui passe plus difficile à extraire du sol (TRE : ratio d’énergie utilisable acquise à partir d’une source donnée d’énergie), et d’autre part le franchissement de nombreux « pics ». Franchir un pic pour une ressource signifie qu’après lui elle se fera quantitativement plus rare. Le pic des pétroles conventionnels a été franchi au niveau mondial en 2006, nous franchissons au cours des années que nous vivons le pic des pétroles non conventionnels (sables bitumineux, pétrole de schiste).

Nos sociétés se confrontent à l’augmentation du coût de leur approvisionnement en énergie (ce coût n’est pas directement lié au prix de la ressource sur les marchés, lire Gail Tverberg à ce sujet), et l’approvisionnement en volume finira intrinsèquement par baisser, sans retour en arrière possible.

 

Total Energy Use (1965 to 2100)

Estimation de l’évolution des approvisionnements en énergie, pour aller plus loin lire J. Laherrère

 
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An interview with Ugo Bardi

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Ugo Bardi is a researcher and Professor in Chemistry. He contributes to The Oil Drum, is a member of the scientific committee of the Association for the Study of Peak Oil and Gas (ASPO) and author of several books, including one on energy and mineral resources (The Limits to Growth Revisited).

 
 

Our sincere thanks to Mr Bardi for agreeing to talk to us.

Translation: Florence Mitchell

 
 

Adrastia: You have built a theory called The Seneca Cliff. It revisits the Hubbert peak and bell curve though in this case its descent is much steeper than its ascent. Originally this curve applied to oil production. Could you explain in what way it applies to many other key factors of our civilisation?

Ugo Bardi:  The point of the Seneca Cliff is clear to most of us: many things go down faster than they went up. Just think of a house of cards, for instance. It’s one of those obvious things which happens not to be easy to explain according to the fundamentals of physics. In Newton’s time, for instance, everyone knew that apples fell from trees, but the law of universal gravity had yet to be discovered. With the Seneca Cliff we are still in what we could call a ‘pre-Newtonian situation’. Roughly speaking, the curve is observed in systems where there is a kind of correlation between their constituents. It is a ‘‘collective phenomenon’’ typical of systems that are described as complex, for example at times of rapid collective changes in phase transitions, but also in the mechanics of the breakdown of materials, and also when civilisations collapse. Systems are always complex when the internal elements are inter-correlated. Let’s say that if one likes the theory of networks as well as system dynamics modeling there is much fun to be had with them. In fact, it’s so much fun that I am working on a book which will be called The Seneca Cliff and which I hope to publish before the end of the year – perhaps…

 
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Dynamique Homme-Nature (HANDY) : Modélisation des inégalités et de l’exploitation des ressources dans l’effondrement ou la soutenabilité des sociétés

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Traduction Patrick SOULIGNAC – Loïc STEFFAN

Motesharrei et al. / Ecological Economics 101 (2014) 90–102

Safa Motesharreia,*, Jorge Rivasb, Eugenia Kalnayc

a Faculté de Politiques Publiques et Département de Mathématiques, Université du Maryland; et Centre National de Synthèse Socio-Environnementale (SESYNC)

b Département de Science Politique, Université du Minnesota; et Institute de Société et Environnement Global (IGES)

c Département de Science Atmosphérique et Océanique et Institut de Science Physique et Technologie, Université du Maryland

* Auteur correspondant. Adresses e-mail : ssm@umd.edu (S. Motesharrei), jorgerodrigorivas@gmail.com (J. Rivas), ekalnay@atmos.umd.edu (E. Kalnay).
 

Mots-clés:

Dynamique homme-nature
Effondrement sociétal
Capacité porteuse
Dépassement contre soutenabilité
Inégalités économiques
Pression écologique

http://dx.doi.org/10.1016/j.ecolecon.2014.02.014

0921-8009 © 2014 The Authors. Published by Elsevier B.V. Open access under CC BY license.

Accéder au pdf HANDY-Fr-PS-LS

Note de traduction : Nous avons choisi de traduire le terme commoner par citoyen pour le faire correspondre à la variable. Le terme exact est roturier. Il faut entendre le terme citoyen au sens de personne appartenant au peuple. La présente traduction est validée par les auteurs.

 

Résumé

Une préoccupation répandue affirme que la tendance actuelle de l’exploitation des ressources n’est pas soutenable, mais la possibilité même d’un dépassement/effondrement demeure l’objet de controverses. Les effondrements se sont produits fréquemment dans l’histoire, souvent suivis par des siècles de déclin économique, intellectuel et démographique. De nombreux phénomènes naturels ou sociétaux ont été évoqués pour expliquer ces effondrements particuliers, mais les explications générales demeurent évasives.

Dans cet article, nous avons conçu un modèle dynamique des populations humaines en additionnant les richesses accumulées et les inégalités économiques sur la base d’un modèle prédateur-proie concernant les humains et la nature. La structure du modèle et les scénarii simulés, qui offrent des implications significatives, sont explicités. Quatre équations décrivent l’évolution des Élites, des Citoyens, de la Nature et de la Richesse. Le modèle montre que la stratification économique ou la pression écologique peuvent conduire indépendamment à un effondrement, en accord avec les données historiques.

La mesure de la « capacité porteuse » a été développée et son estimation s’est révélée être un moyen pratique pour la détection précoce d’un effondrement. Les mécanismes qui conduisent aux deux types d’effondrement sont discutés. Les nouvelles dynamiques de ce modèle permettent aussi de reproduire les effondrements observés durant l’histoire. L’effondrement peut être évité, et la population peut atteindre un point d’équilibre au maximum de la capacité porteuse de la nature, si le taux d’épuisement de celle-ci est réduit à un niveau soutenable et si les ressources sont réparties équitablement.

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Leçons de la transition énergétique en Allemagne, par Philippe Gauthier

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Certains groupes écologistes bien intentionnés tracent un portrait un peu trop rose de la transition énergétique en Allemagne. En fait, les limites pratiques sont nombreuses, les coûts sont élevés et les modèles économiques classiques ne fonctionnent plus. Tout le secteur européen de la production électrique est au bord de la faillite et les experts en énergie essaient de comprendre les contraintes inhérentes aux énergies renouvelables avant d’aller plus loin.

En mars dernier, Friedrich Wagner, professeur retraité à l’Institut Max Planck, a présenté le fruit de ses récents travaux lors du Troisième séminaire international sur l’énergie, un discret rassemblement d’experts indépendants sur l’énergie, tenu en mars 2016 à l’École de Physique des Houches, en France. Ses conclusions, qui s’appuient sur les données les plus récentes, jettent un éclairage neuf sur la question des limites de la transition.

 

Production et stockage

Selon le professeur Wagner, la puissance installée (ou puissante crête) ne compte pas, seule compte l’énergie réellement produite. Alors que les centrales fossiles ou nucléaires fonctionnent généralement à 80 % ou 90 % de leur capacité, ce chiffre est de l’ordre de 20 % pour l’éolien et le solaire. Autrement dit, il faut à peu près quatre fois plus de puissance renouvelable installée pour produire autant d’électricité qu’un équipement à énergie fossile. Il en découle que :

  • Les variations de la météo produisent d’énormes déficits et d’énormes surplus. La puissance installée nécessaire pour alimenter l’Allemagne en électricité en temps normal serait suffisante pour alimenter toute l’Europe s’il fonctionnait à 100 %.
  • Par beau temps, le surplus d’énergie à écouler suffit à lui seul à alimenter la Pologne en entier.
  • L’Allemagne gère actuellement ces surplus en les exportant, mais si tous les pays d’Europe font la transition vers les renouvelables, cette option n’existe plus. Or, le courant produit doit absolument être utilisé, sous peine de griller (faire sauter) le réseau électrique. Il suffit de 5-10 % de surplus de production pour menacer le réseau et les appareils électriques domestiques.
  • Le mauvais temps existe. La puissance fossile d’urgence de réserve, déclenchée en cas de mauvais temps, correspond actuellement à 88 % de la puissance installée en énergie renouvelable. Autrement dit, l’Allemagne doit installer et entretenir deux systèmes de production parallèles.
  • Pour maintenir cette réserve de 88 %, l’Allemagne doit, paradoxalement, ajouter des centrales ou gaz ou au charbon chaque fois qu’elle remplace une centrale nucléaire par une production photovoltaïque ou éolienne équivalente.
  • Pour remplacer cette puissance fossile d’urgence par des batteries ou des accumulateurs, il faudrait multiplier la capacité de stockage actuelle par 660 (660 fois, pas 660 %). Même si les 40 millions de voitures allemandes étaient toutes électriques, leur contribution à la capacité de stockage serait négligeable.
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Entretien avec Ugo Bardi

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Interview in english

English

 

Ugo Bardi est chercheur et professeur de chimie, contributeur à The Oil Drum, membre du comité scientifique de l’Association pour l’étude des pics de pétrole et de gaz naturel (ASPO) et auteur de plusieurs ouvrages, notamment sur l’énergie et les ressources minières (The Limits to Growth Revisited).

 
 

Nous remercions M. Bardi de nous accorder cette interview.

 

Adrastia : Vous avez bâti une théorie dont le nom est « la falaise de Sénèque », qui revisite le pic et la courbe en cloche (symétrique) de Hubbert en donnant à cette dernière une descente bien plus pentue que la montée. À l’origine, cette courbe s’applique à la production pétrolière ; pouvez-vous nous expliquer en quoi elle s’applique à beaucoup d’autres facteurs clés de notre civilisation ?

Ugo Bardi : L’idée de la courbe de Sénèque est claire pour la plupart d’entre nous : bien des choses retombent plus rapidement qu’elles ne se sont développées. Il suffit de penser, par exemple, à un château de cartes. Il s’agit d’une de ces choses évidentes qui, d’ailleurs, ne sont pas faciles à expliquer avec les principes de la physique. Par exemple, à l’époque de Newton, tout le monde savait très bien que les pommes tombaient des arbres, mais il fallait encore découvrir la loi de la gravitation universelle. Avec la courbe de Sénèque nous sommes encore dans une situation, disons, « pré-newtonienne ». En général, on peut dire que la courbe est observée dans des systèmes où il y a une certaine corrélation entre les éléments qui le constituent. Il s’agit d’un « phénomène collectif » typique des systèmes qu’on dit « complexes », par exemple lors des changements collectifs rapides dans les transitions de phase, mais aussi dans la mécanique de la rupture des matériaux et, aussi, dans l’effondrement des civilisations. Ce sont toujours des systèmes complexes dont les éléments internes sont corrélés entre eux. Disons que si on aime la théorie des networks (réseaux) et aussi la dynamique des systèmes, on peut beaucoup s’amuser avec elles. Je m’amuse tellement que je travaille actuellement sur un livre dont le titre sera The Seneca Cliff (La Falaise de Sénèque), que j’espère pouvoir publier avant de la fin de l’année — peut être…

 
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Climat : le point sur les 2 degrés

Futura Sciences climat adrastia

Crédit image Futura Environnement

 

Au mois de mai 2015 Adrastia diffusait un rapport, signé notamment par l’ONU et par le GIEC, qui alertait sur les risques de dégradation majeure de la biosphère à partir d’un réchauffement atmosphérique de seulement 1,5 degrés. Ces craintes sont malheureusement progressivement mieux étayées par les climatologues. Stabiliser le réchauffement à 2 degrés, si cela est possible, ne semble aucunement être la garantie d’empêcher des perturbations graves, hostiles tant à notre adaptation qu’à celle de la vie dans son ensemble.

Ci-après deux articles faisant une synthèse de ces perturbations environnementales provoquées par le réchauffement, qui sont à venir ou déjà en cours.

 
 
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Le pétrole à moins de 30$ le baril, pourquoi est-ce un problème ? – Gail Tverberg

 
Le 19 janvier 2016, blog de Gail Tverberg Our Finite World
 

On lit souvent que les prix très bas du pétrole – 30$ le baril, par exemple – vont stimuler l’économie et que l’économie va rebondir. Pourquoi ce scénario est-il faux ? Pour de nombreuses raisons, à mon avis :

 

1. Les producteurs de pétrole ne peuvent pas vraiment produire du pétrole à 30$ le baril.

 Quelques pays sont capables d’extraire du pétrole à 30$ le baril. La Figure 1 donne une idée des coûts d’extraction techniques pour divers pays. Mais il n’y en a pas beaucoup – l’Arabie saoudite, l’Iran et l’Iraq, seulement. Nous n’aurions pas beaucoup de pétrole brut si ces pays étaient les seuls à produire du pétrole.

 

Figure 1. Prix seuil de rentabilité mondiaux (en ne considérant que les coûts d'extraction techniques) par rapport à la production. Source: Alliance Bernstein, Octobre 2014

Figure 1. Prix seuil de rentabilité mondiaux (en ne considérant que les coûts d’extraction techniques) par rapport à la production. Source: Alliance Bernstein, Octobre 2014

 
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L’effet Sénèque : pourquoi le déclin est plus rapide que la croissance – Ugo Bardi

Article d’Ugo Bardi paru en Août 2011 sur son blog Cassandra’s Legacy

 

La Falaise de Sénèque

« Ce serait une consolation pour notre faiblesse et nos œuvres si toutes choses devaient périr aussi lentement qu'elles adviennent ; mais il est ainsi, la richesse est lente, et le chemin de la ruine est rapide. » Sénèque, Lettres à Lucilius, n. 91

« Ce serait une consolation pour notre faiblesse et nos œuvres si toutes choses devaient périr aussi lentement qu’elles adviennent ; mais il est ainsi, la richesse est lente, et le chemin de la ruine est rapide. » Sénèque, Lettres à Lucilius, n. 91


 

N’avez-vous pas trébuché, parfois, sur quelque chose qui semble faire beaucoup de sens, mais vous ne sauriez dire exactement pourquoi ? Longtemps, j’ai eu à l’esprit que lorsque les choses commencent à aller mal, elles ont tendance à aller mal vite. Nous pourrions appeler cette tendance « l’effet Sénèque » ou la « falaise Sénèque », image inspirée par la citation de Lucius Annaeus Sénèque « la richesse est lente, et le chemin de la ruine est rapide ».

Ne serions-nous pas déjà face à la falaise de Sénèque ? Si tel est le cas, alors nous avons un problème. Avec le pic pétrolier ou qui va “peaker” bientôt, il est difficile de penser que nous allons voir une descente en douceur de l’économie. Nous pourrions plutôt avoir une baisse si rapide que nous pouvons l’appeler « effondrement ». Les symptômes sont tous là, mais comment prouver ce qui nous attend vraiment ? Il ne suffit pas de citer un philosophe romain qui a vécu il y a deux mille ans. Nous devons comprendre les facteurs qui pourraient nous conduire à tomber beaucoup plus vite que la croissance que nous avons connue jusque-là. Pour cela, nous avons besoin de faire un modèle et de voir comment les différents éléments du système économique peuvent interagir pour générer l’effondrement.

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Le pic insoupçonné du pétrole conventionnel : Quand les définitions de réserve distordent la perception de rareté

petrole adrastia

 

Patrick Brocorens

Laboratoire de chimie des matériaux nouveaux,

UMONS

Place du Parc, 20

B-7000 Mons (Belgique)

 

Document publié à l’occasion de la 9th Belgian environmental Economics Day, 29 janvier 2016

 

Conclusion, extrait :

Comme un pic de production ne peut être confirmé avec certitude que plusieurs années après son franchissement, il est préférable de l’anticiper plutôt que d’attendre d’en avoir la confirmation. L’essentiel n’est en effet pas le pic, mais le long déclin de la production qui le suit. Et bien que les prévisions de type Hubbert ne peuvent être précises à l’année près, elles peuvent l’être suffisamment pour pouvoir prendre des décisions, en particulier des décisions liées à l’énergie, qui nécessitent des politiques de long terme. L’histoire de l’anticipation ratée du pic mondial de pétrole conventionnel devrait en tout état de cause inciter à abandonner certains indicateurs de rareté traditionnellement utilisés, tels que les réserves prouvées ou le rapport réserve/production, et à adopter de nouvelles pratiques tenant compte des caractéristiques physiques et économiques propres aux ressources étudiées, et tenant également compte de l’évolution des contraintes à la production à mesure que les ressources sont exploitées.

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